Blog du 13 février

d'Lëtzebuerger Land du 13.02.2026

Chers logements

Le géographe du Liser Antoine Paccoud et l’économiste de la fondation Idea Samuel Ruben ont fait les comptes : la politique publique de soutien au logement a coûté au moins 10,5 milliards d’euros à l’État en quinze ans. Cette somme comprend 8,4 milliards pour les dépenses fiscales, 1,4 milliard pour les aides à la pierre et 712 millions pour les aides individuelles. Les auteurs préviennent que leurs calculs ne représentent qu’« un ordre de grandeur minimum ». C’est beaucoup, et finalement pas très efficace, font-ils remarquer. « Le Luxembourg pourrait aujourd’hui loger 10 000 ménages de plus de façon abordable si la moitié des 10,5 milliards avait été investie dans la constitution d’un stock public de logements », souligne Antoine Paccoud. Il ajoute qu’en misant prioritairement sur la fiscalité, ces aides « ont surtout facilité la vie à ceux qui seraient devenus propriétaires (et parfois multipropriétaires) de toute façon. » Effectivement, la proportion de dépenses fiscales interpelle : 3,2 milliards pour la TVA-logement, 2,2 milliards pour le Bëllegen Akt, 1,5 milliard pour l’exemption de la plus-value de cession de la résidence principale, 992 millions pour la déductibilité des intérêts débiteurs… Elles représentent près de 80 pour cent du soutien public au logement. Un socialisme immobilier à la sauce luxembourgeoise, c’est-à-dire orienté au profit de ceux qui n’en ont pas le plus besoin. EN

Frieden nie le win-win

Répondant en séance plénière mardi à une question de Taina Bofferding (LSAP) à propos du refus du ministre de l’Environnement, Serge Wilmes (CSV), d’accorder des interviews au Land et à d’autres médias, à moins de trouver une solution « win-win », le Premier ministre Luc Frieden (CSV)a expliqué aux députés que de telles réponses n’ont jamais été formulées par le ministre. Le Land maintient avoir reçu ces réponses à deux reprises de la part de son service Communication. EN

Plainte
Ce jeudi matin, le bureau de la Chambre a déposé plainte contre les députés pirates. Le Parlement réagit ainsi au rapport spécial de la Cour des comptes, qui avait révélé de nombreuses irrégularités comptables chez cette sensibilité politique. Après la dénonciation (faite au début du mois), l’institution a franchi une étape supplémentaire, soulignant la gravité des faits reprochés. La situation devient de plus en plus incommode pour Sven Clement et Marc Goergen, dont la lutte fratricide (accompagnée d’une Schlammschluecht publique) avait accéléré la spirale déclenchée par l’affaire Malt. bt

De la parole aux actes

Trois jours après la décision du gouvernement israélien de faciliter (encore) la colonisation de la Cisjordanie, l’ambassadrice de la Palestine au Luxembourg et en Belgique demande au Grand-Duché et aux Européens de passer à l’action. Dans un entretien avec le Land, Amal Jadou Shakaa (photo : Patrick Galbats) dénonce « la course d’Israël pour imposer un nouvel état de fait dans les territoires occupés et le rendre irréversible ». La diplomate reprend les mots et le dessein du ministre Bezalel Smotrich : Le gouvernement israélien « tue l’idée d’un État palestinien ». « C’est aussi la mort du processus d’Oslo », poursuit Amal Jadou Shakaa. L’UE et le Luxembourg ont condamné cette nouvelle décision israélienne : « Une claire violation du droit international qui met en péril la solution à deux États et les efforts de paix engagés », ont tweeté les services de Xavier Bettel (DP). « Israël a appris à vivre avec ces condamnations et ils les ignorent. Il est venu le temps de l’action pour protéger la souveraineté d’un État que plusieurs pays européens viennent de reconnaître », poursuit Amal Jadou Shakaa. « Nous apprécions l’engagement du ministre Bettel pour les Palestiniens », partage l’ambassadrice. « Il sait ce qu’il se passe sur le terrain et ce que font les Israéliens. Il est temps que le Luxembourg, la Belgique, la France, l’Espagne ou l’Irlande se rassemblent et poussent l’UE à agir », dit encore Amal Jadou Shakaa. Les sanctions sont à portée de main. La haute représentante pour la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, a proposé des mesures commerciales et administratives. Interrogé par le Land, le ministère des Affaires étrangères n’indique pas s’il est favorable à l’une ou l’autre sanction mais souhaite que le sujet soit discuté. L’ambassadrice palestinienne voit en outre d’un très bon œil que le Luxembourg envisage l’ouverture d’une représentation diplomatique
à Ramallah : « Cela consolidera dans les faits la reconnaissance et consolidera la souveraineté de la nation palestinienne. C’est une démarche très importante à entreprendre tout comme importe que le Luxembourg respecte les principes de droit international, pour renforcer l’ordre mondial et ne pas récompenser ceux qui le déstabilisent ». À bon entendeur. PSO

Trois motions
Suivant les débats autour des toilettes unisexes dans les lycées, et entretenant la confusion entre sécurité, sphère privée et inclusion, une pétition demandant de maintenir « le système actuel de toilettes et de vestiaires séparés dans les lycées et de s’abstenir de tout changement prévu qui mettrait en péril la vie privée, la sécurité et le bien-être des élèves » a, ce jeudi, atteint plus de 4 000 signatures. Sans surprise, le président du groupe parlementaire ADR Fred Keup s’est engouffré dans la brèche ouverte par le flou de la communication gouvernementale en déposant une motion allant dans le même sens. Quelques minutes plus tard, Gilles Baum président du groupe parlementaire DP ripostait avec une motion cosignée par Ricardo Marques (CSV). Insistant sur une « politique ambitieuse contre toute forme de discrimination au sein des établissements scolaires ». Les deux députés demandent de « maintenir la coexistence de toilettes séparées pour les femmes et les hommes et d’espaces inclusifs accessibles à toutes les personnes ». Finalement Claire Delcourt (LSAP, photo : sb), rejointe par Marc Baum (Déi Lénk), Joëlle Welfring (Déi Gréng) et Taina Bofferding (LSAP), ont élevé le débat, appelant le gouvernement à « une communication claire et réfléchie, prenant en compte les risques de détournement ou d’instrumentalisation susceptibles d’alimenter des discours discriminatoires. » FC

Bis Redaktionsschluss gab es noch keine Entscheidung des Verwaltungsgerichts über den Eilantrag des Chirurgen Philippe Wilmes gegen das von Gesundheitsministerin Martine Deprez verhängte dreimonatige Verbot, zu operieren. Doch während das Wort vorigen Samstag geschrieben hatte, würde dem Eilantrag stattgegeben, könne Wilmes „wieder normal seiner chirurgischen Tätigkeit nachgehen“, sagte der Kommunikationschef der Hôpitaux Schuman, Marc Glesener, dem Land auf Nachfrage, eine Zusage in diese Richtung hätten weder Direktion noch CA des Klinikums gemacht. Die HRS hatten zwei Tage vor der Entscheidung der Ministerin Wilmes’ Zulassung als Klinikarzt suspendiert. Dagegen ist er bisher nicht vorgegangen. Man habe „keine zweite Front“ eröffnen wollen, sagte sein Anwalt François Prum dem Land dazu.

Erwan Nonet, Pierre Sorlut, Peter Feist
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