« When the facts change, I change my mind », fait-on dire à Keynes. « Quand on me donne plus d’informations, je change d’avis », pourrait-on compléter pour Stéphanie Obertin (DP). Lundi, la ministre de l’Enseignement supérieur est revenue sur les discussions menées la semaine précédente au sujet de l’audit « externe » envisagé pour l’université nationale, en proie à une crise profonde. Il y est question de licenciements abusifs et de refus de promotion contestés. Au sortir du Krautmaart le 27 janvier, la ministre libérale restait sur son intention de laisser le rectorat rédiger le cahier des charges de l’audit qui sera confié à un consultant par voie de soumission publique. Ce en dépit des doutes formulés par les députés de l’opposition en commission. Ces derniers avaient poliment signalé qu’il fallait envisager la gouvernance dans son ensemble, y compris les pouvoirs de décisions confiés aux personnes siégeant aux plus hautes fonctions, qu’il s’agisse du président du conseil de gouvernance, du recteur ou du commissaire de gouvernement, indépendamment des personnalités qui occupent ces postes. Le Land a également souligné une concentration du pouvoir empêchant potentiellement de résoudre les problèmes où qu’ils se trouvent : des décisions en matière de promotions, soumises par les doyens des facultés et validées par le recteur, ou des conflits d’intérêts à la tête du conseil de gouvernance, qui lui-même nomme recteurs et doyens.
« Considérant l’ensemble des éléments portés à sa connaissance et après examen du cahier des charges de l’audit externe décidé par le conseil de gouvernance de l’Université, la ministre a décidé de faire procéder à un audit externe portant sur la gouvernance de l’Université », expliquent cette semaine les services de Stéphanie Obertin. L’objectif serait d’évaluer les mécanismes de gouvernance, les attributions et compositions des différents organes, « ainsi que le cadre dans lequel s’inscrivent les procédures, les prises de décisions, les codes d’éthique et de déontologie et les potentiels conflits d’intérêts ». Les deux audits seraient donc « complémentaires ». La députée Joëlle Welfring (déi Gréng) a insisté mardi pour inscrire ce « revirement » à l’ordre du jour de la Commission parlementaire à l’Enseignement supérieur mardi. En toute fin de séance, l’écologiste a obtenu de la ministre que le cahier des charges pour le nouvel audit externe piloté depuis le ministère soit revu par le Parlement en amont. L’Université emploi 2 500 personnes et rassemble une communauté de 10 000 personnes environ.